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31 décembre 2016 6 31 /12 /décembre /2016 12:41

 

Gérer le parasitisme ovin en Bretagne.

 

Le groupe mouton a pu suivre une formation avec Émilie SALESSE vétérinaire. Les participants ont reçu des documents plus complets mais ici on va donner une petite synthèse . Tout éleveur, quel que soit son élevage (traditionnel, bio, petit ou grand) est confronté aux dégâts des parasites.

Les pertes économiques sont surtout dans la dégradation de l'état des agneaux et agnelles de renouvellement.

 

Nous avons déjà publié des articles sur ce sujet (http://www.brebis-en-bretagne.fr/article-quelques-idees-pour-l-emploi-raisonnee-des-vermifuges-ovins-novembre-2012-112836789.html ) avec des réflexions sur : comment éviter des résistances aux vermifuges en ne favorisant pas la survie des parasites résistants – l'utilité des coprologies – l’acquisition d'une immunité contre les parasites par les ovins adultes – les strongles présents en Bretagne etc.

 

Émilie a insisté sur les connaissances techniques nécessaires pour élaborer la stratégie qui correspond à son troupeau, ses lots, le parcellaire, l'alimentation – pour minimiser l'impact du parasitisme. Chaque exploitation est unique. Ceci concerne en particulier les éleveurs dont les mises-bas sont au printemps avec souvent les agneaux qui pâturent avec les mères. Le pâturage est important dans l'alimentation , souvent de mars à décembre. Élever des agneaux à l'herbe nécessite une stratégie bien réfléchie car lorsqu'on constate des dégâts (perte d'état, diarrhée) il est déjà trop tard.

 

Connaissance du milieu - le climat en Bretagne avec des périodes pluvieuses, peu de gel, et des périodes sèches avec souvent de la rosée.

 

Connaissance des cycles de vie des parasites - ici il va être question des strongles. Il est possible que les strongles Haemonchus ne sévissent pas chez vous mais les deux autres (Teladorstagia et Trichostrongylus) sont sûrement là sur les pâtures utilisées par les ovins .

ci-dessous un schéma qui vient de http://creuse-agricole.reussir.fr/actualites/parasitisme-interne-des-ovins-l-infestation-parasitaire-des-ovins-bien-evaluer-le-risque-pour-une-meilleure-maitrise:UFHGXK51.html

 

 

 

Un petit rappel du cycle : les larves L3 attendent sur les herbes qu'un ovin les mangent . Une fois ingérées elles se reproduisent dans les intestins et des larves pondent des œufs (ceci prend environ 21 jours). Les œufs sont excrétés (il y a ici des stades L1 et L2 qui ne nous concernent pas) et les larves L3 sortent des crottes après 7j dans l'humidité des herbes et le sol (max 1cm )

Les L3 ont besoin d'un ovin pour continuer ce cycle. Sans moutons elles meurent – mais elles peuvent résister jusqu’à un an et le gel léger ne les tue pas. Ce cycle de 28j environ se passe du printemps jusqu'à l'automne. On voit qu'au fil des cycles de 28j il y aura plusieurs générations de L3 qui viennent s'ajouter au nombre sur le sol d’où un pic en fin d'été début d'automne.

En automne les L3 ingérées restent en hypobiose (dormant) dans les intestins jusqu'au printemps où elles complètent leur cycle et les œufs sont excrétés en nombre à ce moment là .

Si les L3 sont ingérées par des ovins résistants (âgés de plus de 18mois) leur reproduction va être arrêtée (d’où l'intérêt de faire pâturer ces ovins sans les vermifuger- effet aspirateur et maintien d'une population de strongles variés)

On peut estimer qu'à un moment donné, 85à 95% des L3 sont sur les pâtures, dans le premier cm du sol et dans les crottes en train d'attendre d'être broutées par un ovin . Il est illusoire d'imaginer qu'on va les éliminer . Il font partie de l’écosystème des ovins . Le tout est de trouver un équilibre.

LARVES L3 DANS UNE GOUTTE D'EAU SUR L'HERBE

LARVES L3 DANS UNE GOUTTE D'EAU SUR L'HERBE

Fourchettes de temperature d'activité des principaux strongles, avec T° à risque élevé.

Fourchettes de temperature d'activité des principaux strongles, avec T° à risque élevé.

L'impact des L3 sur les animaux

Tout dépend de la quantité de L3 d'une même espèce ingérée et du degré d'immunité des ovins .

Seulement une infestation massive dans la durée de L3 actives va entraîner des troubles.

    • les principales réactions chez les agneaux vis à vis des L3 vont être la perte d’appétit et le développement de la réponse immunitaire, ce qui va mobiliser de l’énergie . L'impact commence bien avant les symptômes visuels (perte état , diarrhée) et à ce stade il est trop tard pour rattraper.

    • L'immunité commence à être acquise vers 6 mois mais n'est pas atteinte avant 18 à 20 mois

    • les adultes en état de stress (autour de la mise bas jusqu'au pic de lactation, lutte, animaux malades, attaque de chiens etc.) subissent une réduction de la réponse immunitaire et les L3 se reproduisent plus librement avec excrétion d’œufs.

    • Les L3 ingérées par les adultes (+ de 18 mois) avec une bonne immunité vont être stoppées dans leur développement.

 

Dans un troupeau 20% des animaux sont responsables de 80% des œufs excrétés.

L'impact néfaste des strongles va surtout affecter les agneaux de printemps.

Gérer le parasitisme en Bretagne - vivre avec les strongles . 2017
Gérer le parasitisme en Bretagne - vivre avec les strongles . 2017

 

Comment réduire la quantité de larves L3 sur les pâtures ?

 

Le graphique illustre la pression parasitaire au fil de l'année si on n'intervient pas – avec des parcelles utilisées assez intensivement (parcelles les plus pratiques , près de la bergerie, pour les mises bas etc.)

Les notions indispensables pour établir un bon plan de gestion sont énumérées ci-dessous.

                    • Bon état des animaux, bonne alimentation

                    • Connaissance des parasites, leur cycle de vie, époque de forte pression,les effets météo sur leur survie etc.

                    • Le statut immunitaire des lots

                    • Gérer les parcelles : établir les parcelles à risque chez soi. La quantité de crottes sur pâture dépend de comment la pâture est organisée. Il est quasi impossible de planifier un pâturage tournant pour éviter la pression parasitaire. Avoir des zones de couchage (ex bois) incluses dans les parcelles. Établir les rotations pour favoriser une bonne repousse de l'herbe pour une bonne alimentation et éviter de brouter trop ras. Alterner bovins/ovins dans le cas où on a les deux.

                    • Connaître les cultures – plantes intéressants pour leur effet vermifuge : Chicorée, plantes contenant des tannins etc.

                    • Gérer le troupeau (ex. si on a peu de surface on peut envisager un agnelage d'automne, un sevrage précoce avec agneaux élevés en bergerie, rentrer le troupeau la nuit etc.)

                    • Vermifuges – bien choisir qui traiter et quand , pour éviter des résistances.

                    • Génétique - certains animaux n’acquièrent pas d'immunité. Favoriser la sélection d'animaux résistants.

                    • Quarantaine – tout animal acheté est sérieusement vermifugé puis après 24h mis à pâturer sur une parcelle contaminée.

                    • Coprologies – le moyen de connaître les parasites chez soi et le degré d'infestation des lots.

Les conseils d’Émilie visent à :

Maintenir une population de parasites diversifiés et en nombre limité

 

Premier principe : ne pas cultiver les parasites

Il faut absolument empêcher les animaux d'excréter trop d’œufs dans les pâtures

  • - éviter au maximum les chargements instantanés importants, notamment avec des animaux sensibles et contaminés

  • éviter le surpâturage

  • réaliser des traitements ciblés des animaux quand ils « relarguent » trop d’œufs.

 

Le deuxième principe : ne pas traiter les animaux résistants

En plus d'économiser des traitements , ce principe permet de

  • préserver une niche de parasites diversifiés

  • de limiter la vitesse de sélection de parasites résistants

  • de stimuler l'immunité de prémunition du troupeau

 

Ensuite la gestion dynamique des parcelles passe par

  • l'évaluation de l'impact parasitaire à un instant T (avec toutes les paramètres déjà cités)

  • à proscrire : le surpeuplement même momentané en général associé à des rotations rapides, le surpâturage , les temps de séjour longs (supérieur à 21j : souvenez vous - cycles des strongles)

 

Ces journées de formation nous ont bien fait remettre en question nos pratiques et en ce début d'année 2017 il est encore temps de revoir notre plan d'action pour l'année à venir, armés d'un calendrier et plan des parcelles, plan de gestion des lots...

 

Émilie SALESSE peut intervenir en individuel ou pour animer des journées sur les thèmes sanitaires souhaités (sur toute la Bretagne et ailleurs). Dans notre Groupe Mouton elle est déjà intervenue pour un gros problème de prolapsus chez un des éleveurs et elle accompagne d'autres éleveurs en voie d'installation. Elle connaît bien les ovins et propose aussi un « contrat » avec l'éleveur où elle vient faire un diagnostique globale de l'exploitation (alimentation / statut sanitaire etc.) et ensuite elle donne des conseils sans nécessairement venir physiquement . Nous avons apprécié sa clarté et ouverture et acceptation que chacun a sa propre façon de fonctionner.

Vous pouvez la contacter :  salesse.alterveto@gmail.com
02 97 34 52 45

et si vous arriver à lire l'anglais voici le bible des néozélandais sur le sujet !

http://wormwise.co.nz/wp-content/uploads/2014/06/wormwise-handbookMay-2105.pdf

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23 juin 2016 4 23 /06 /juin /2016 10:30

Et voila une bébête qu'on n'aime pas trop!! Donc suivez les conseils ci dessous:

https://vimeo.com/169069004

agneaux en bergerie 12h après vermifuge anti tenia (cestocur)

agneaux en bergerie 12h après vermifuge anti tenia (cestocur)

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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 08:46

Voici un tableau édité par le UBGDS et que nous reproduisons avec leur accord. Il vaut mieux utiliser un zoom pour le lire

gds antiparasitaires

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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 08:08

strongles

Voici deux oeufs de strongles qu'on peut facilement voir avec la méthode décrite. Dans les articles déjà parus  Parasites : les strongles digestifs en Bretagne. Quels parasites dans mes pâtures? Novembre 2012 et  Quelques idées pour l'emploi raisonnée des vermifuges ovins. Novembre 2012 les études du GDS Bretagne soulignent les trois strongles les plus nuisibles pour les moutons dans cette région . Ils ont tous les trois la même forme que teladorsagia c. Si vous voyez un nematodirus (qui est nettement plus grand ) il vaut mieux demander un conseil avisé car ce strongle est devenu un vrai fléau pour les agneaux en Nouvelle Zélande mais ne semble pas poser de problème encore en Bretagne.

Ici suit la méthode avec un album photo faire-une-coprologie-par-flottaison faire-une-coprologie-par-flottaison pour illustrer. Ceux qui connaissent le Groupe Mouton du GVA peuvent emprunter le matériel nécessaire pour se faire une idée.

Comprendre pour mieux lutter contre les strongles digestifs chez les ovins . Un outil : la coproscopie .

                     Méthode pour faire des coproscopies par flottaison chez soi.

                Il ne s'agit pas de « jouer au vétérinaire » mais par l'observation des œufs

 de parasites dans les crottes des moutons on peut avoir une idée du niveau d'infestation , en particulier des strongles digestifs , et de leur cycle de vie dans nos élevages.

             Le GDS Bretagne a fait une étude en 2006 sur les strongles digestifs les plus habituels présents en Bretagne et leurs noms sont les suivants:

                         Trichostrongylus colubriformus

                         Teladorsagia circumcincta ( son nom officiel maintenant -on l'appelait Ostertagia c.)

                                 Ces deux strongles peuvent perturber le mécanisme digestif des moutons (mais leur présence est normale). Trichostrongylus c. affecte surtout les agneaux de 8 à 10 mois à l'automne , provoquant souvent avec une croissance réduite et une diarrhée noirâtre.

                         Haemonchus contortus   Ce strongle suce le sang dans la caillette . Dans les élevages où il est présent les coproscopies ne sont pas utiles pour le déceler dans le sens que ses dégâts sont trop brutaux et il faut agir rapidement. Il peut nuire aux agneaux et aux brebis.  Il peut causer une anémie grave. Une inspection de l'œil est plus utile . Par contre on ne peut pas distinguer ses œufs de Teladorsagia c.  C'est à partir du mois de juin qu'il sévit, quand les températures montent et il fait humide.

 

Il faut noter que ce sont les mêmes strongles digestifs qui sévissent partout dans le monde.

Les œufs qui se retrouvent dans les crottes sont pondu dans les intestins par des larves qui peuvent y faire des dégâts. Les détails sur les cycles de vie de ces larves de strongle sont accessible sur internet . Nous n'allons pas nous y attarder .

OEUFS DE PARASITES TUBE DIGESTIF

 

Sur le dessin des œufs de parasites ci-dessous , il y a l'éventail de ce qu'on pourrait voir avec des possibilités modestes .(Un microscope de base ex. le groupe mouton a fait une réunion utilisant  un qui a coûté environ 70€ acheté à Nature et Découverte , avec un oculaire de X10 et des objectifs de X4, X10, et X40 ce qui fait qu'on grossit 40 fois , 100 fois ou 400 fois – mais le 400 fois est de mauvais qualité.) Quand on voit le coût d'une coprologie de base (sans comptage des œufs) on peut trouver que l'investissement vaut la peine , et , en plus, cela aide à réduire et mieux cibler les vermifuges.

 La méthode est classique et en faisant régulièrement des coprologies sur des bêtes en bon ou mauvais état on commence à comprendre que la présence d'œufs  n'indique pas nécessairement une infestation de larves nuisible pour les animaux.

 On peut aussi vérifier , après un vermifuge, l'efficacité du produit ( environ 10 à 14j après voir article Parasites : les strongles digestifs en Bretagne. Quels parasites dans mes pâtures? Novembre 2012 ) ceci est utile pour voir si il n'y a pas de problèmes de résistance aux produits.

 

 

 

 

 

 

            Pour faire une coproscopie essayez de toujours avoir les mêmes mesures car l'important est de pouvoir comparer les évolutions dans votre élevage.

 Vous avez besoin de :                            - 2 gobelets

une petite passoire (genre à thé)

un cylindre de mesure (ou seringue gradué)

une cuillère

un tube à essai + support (on vend de la vanille dans des tubes en grande surface ! Allier l'utile à l'agréable!)

I microscope x10 x10 (qui magnifie 100 fois suffisant pour les œufs de strongles)

lames et lamelles (si vous ne trouvez pas ailleurs -amis etc.

Nature et Découverte en vend )

balance (mais on peut utiliser une cuillère à café -ras =5g)

50 ml d'eau dans laquelle on dissout 20g de sel (on peut préparer un litre pour utilisation future, en gardant les proportions)

                                       - 3g de crotte fraîche prise dans le rectum ou 'propre ' par terre.

 

TEST SIMPLE PAR FLOTTAISON : basé sur le poids spécifique – les œufs remontent à la surface.

-1. Mettre 3g de crotte dans un gobelet et ajouter les 50ml de solution de sel/eau,et tout bien mélanger.

-2. Verser le tout à travers la passoire dans le deuxième gobelet

-3. Verser le contenu du deuxième gobelet dans le tube d'essai jusqu'à ce qu'il y ait un ménisque en haut . Essayez d'éviter trop de bulles d'air.

-4. Poser délicatement une lamelle sur le ménisque.

-5. Attendre 20 à 30 minutes.

-6. Enlever délicatement la lamelle avec le fluide qui y adhère et poser sur la lame

-7. Regarder au microscope.

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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 07:52

 

 

 

                PARASITES OVINS : Les strongles digestifs.

Quelques informations et questions à se poser sur les vermifuges.

Pour tous les élevages : bio ou non , petits ou grands.

 

Optimiser l'utilisation des vermifuges.

 

Quelles sont les Strongles Digestifs qui vivent dans mes pâtures?

 

Des études faites en 2006 et 2008 ont permis d'identifier les strongles principaux présents en Bretagne.

Trichostronglyus colubriformis

Teladorsagia circumcincta (connu avant comme 'Ostertagia')

Haemonchus contortus

Il est possible que vous trouviez les larves de ces trois parasites dans vos pâtures. Ils ont besoin des moutons pour compléter leur cycle de vie. Ils vivent sur les pâtures à 80% sur les premiers 5cm d'herbe dans l'humidité. Les problèmes ne se manifeste qu'en cas d'infestation massive . Nous n'allons pas rentrer dans le détail des cycles de vie sauf où cela aide à prendre des décisions - liens utiles en fin d'article.

  1. Haemonchus contortus ne pose pas de problème dans tous les élevages mais il faut être vigilant car ces larves se nourrissent de sang dans la caillette et ils peuvent « saigner » les agneaux et les brebis. Quand on constate des animaux abattus et anémiés (en regardant la couleur des muqueuses de l'oeil - trop blanc) avec , peut-être, un oedème sous la mâchoire (bouteille) il peut s'agir des dégâts de ce strongle. Les femelles adultes peuvent pondre des milliers d'oeufs par jour . C'est de Juin à Septembre qu'il faut être le plus vigilant sur ce strongle ; en particulier quand les températures sont au dessus de 18° , en conditions humides sur des belles pâtures. Si la suspicion se confirme il faut vermifuger.

  2. Trichostronglyus et Teladorsagia sont des strongles qui, en surnombre, vont provoquer des difficultés digestives et des lésions sur les intestins. Ceux-ci vont surtout affecter les agneaux dans leur premier été /automne.

Teladorsagia cause un manque d'appétit et perte de poids.

Trichostronglyus provoque une diarrhée noirâtresurtout en fin d'été /automne.

P1160447

Ces deux strongles sont ingérés en tant que larves par les moutons. Ils se transforment en 15 à 18j en adultes dans les intestins . Les femelles pondent des oeufs qui sont excrétés dans les crottes. Selon la température et l'humidité au sol il peut y avoir des larves infestantes 7 à 10 jours après. Selon l'époque de l'année les strongles peuvent survivre quelques mois sur les pâtures mais on estime qu'environ 75% meurent dans les 3 à 4 semaines sans moutons sur les pâtures. C'est le soleil et le sec qui va les supprimer le plus.

 

 

Si des moutons en bon état sont exposés à de petites infestations répétées ils acquièrent une immunité - il y a un ralentissement du développement des larves et une baisse de ponte des femelles. Cette immunité ne sera jamais très forte avant l'âge de 7 à 9 mois et une brebis ne transmet pas cette immunité à son agneau. L'immunité des brebis est affaiblie environ 2 semaines avant et 8 semaines après la mise bas. Mais un agneau qui tête (dont le mère a bien du lait!) ne va pas manger assez d'herbe pour se contaminer trop.

 

 

Le souci pour un éleveur est de trouver le moyen de maintenir l'immunité des adultes tout en protégeant la croissance des agneaux.(tableau 1)

oeufs strongles

 

Les vermifuges disponibles pour strongles.

L'étude faite en Bretagne a mis en évidence la résistance de larves de strongles à certains vermifuges . Ceci a été constaté partout dans le monde .

Les vermifuges sont de quatre sortes, avec , entre parenthèses, leur couleur, et après, les initiales utilisées dans certains documents .

1. Les Benzimidazoles (blanc) genre: Panacur, Rintal, Multispec, Synanthic,Hapadex etc. BZ action courte

 

2. Le Lévamisole (jaune) LV action très courte

 3. Les Lactones Macrocycliques (transparent) genre: Ivomec , Cydectine, Oramec, etc ML Ces vermifuges ont une action longue .

 4. Amino-acetonitrile derivative (orange limpide) le monepantel, nom commercial Zolvix est le seul nouveau vermifuge depuis 25 ans.AAD action courte

On peut ajouter que pour cibler Haemonchus il y a les Salicylanides : genre Supaverm, Seponver.

 

Les vermifuges qui ont perdu de leur efficacité en Bretagne sont surtout lesBZ .Comment s'installe cette résistance ? Le tableau 2 va la résumer:

créations parasites resistants

à retenir : larve sensible = larve qui est supprimée par un vermifuge

larve résistante = larve qui survit au vermifuge et va produire une population de larves résistantes.

 

Pour conserver l'efficacité des vermifuges on préconise de maintenir sur les exploitations ce qu'on appelle le « refugia » c'est à dire des moutons non vermifugés qui vont servir de refuge aux larves sensibles et ainsi « diluer » le nombre de larves résistantes sur les pâtures. Ces idées sont appliquées de plus en plus dans les régions moutonniers ou ils considèrent qu'une brebis en bon état (note corporelle au dessus de 2,5 ) n'a pas besoin de vermifuge. Il faut éviter les situations ou un animal vermifugé peut contaminer des pâtures propres avec les oeufs de larves qui ont survécu au vermifuge.

 

Comment savoir si les vermifuges sont efficace chez soi?

Le moyen de savoir est en faisant des coprologie après le vermifuge . On préleve des crottes et on compte le nombre d'oeufs par gramme de crottes. On peut faire un prélèvement avant le vermifuge puis un deuxième après . Le délai dépend du produit utilisé :

BV= 8 à 10 jours après

LV = 3 à 7 jours après

ML = 14 à 17 jours après

Normalement le Zolvix est efficace .

Si le vermifuge est efficace, il ne devrait pas avoir d'oeufs dans le deuxième prélèvement.

 

 

Aujourd'hui dans les zones moutonnières il y a des élevages où on vermifuge peu ou pas les adultes . Tout dépend du climat et des possibilités de rotation des pâtures. Dans les cas où on doit vermifuger les adultes on préconise 1ou 2 fois maximum par an – au delà on a besoin d'un conseil avisé. Pour les agneaux d'herbe on préconise 2 à 3 fois maximum pour les strongles – et pas trop tôt car l'agneau qui tête, ne mange ,en général, pas assez d'herbe pour se contaminer. On recommande de changer de sorte de vermifuge si on en fait plusieurs la même année pour réduire les larves résistantes ( précédemment on recommandait de changer chaque année)

Dans l'étude du GDS , là où la pluie annuelle dépasse 1000mm (voir carte) les strongles sont plus nombreux . Mais en années plus sèches il y en aura moins.

Ici on n'aborde que les infestations de strongles digestifs . D'autres parasites sont plus ou moins un problème sur adultes en Bretagne mais nécessite des conseils avisés afin de savoir de quoi il s'agit . Pour les agneaux selon les modes d'élevage il y a le tenia (agneaux d'herbe) et le coccidiose (agneaux de bergerie) principalement , mais nous ferons un article sur ces sujets.

pluviometrie annuelle Bretagne 1998-2006

Cet article est en partie basé sur l'étude GDS et largement inspiré du thèse de Isabelle Tanguy (2011)

link http://theses.vet-alfort.fr/telecharger.php?id=1421 à voir pour les photos et compléments d'informations.

Concernant l'évaluation de l'état d'une brebis  voici un lien très utile (NEC = note état corporel dans le jargon moutonnier) link http://www.reconquete-ovine.fr/spip.php?article661


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23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 08:21

 

                PARASITES OVINS : Les strongles digestifs.

Quelques informations et questions à se poser sur les vermifuges.

Pour tous les élevages : bio ou non , petits ou grands.

 

Optimiser l'utilisation des vermifuges.

 

Quelles sont les Strongles Digestifs qui vivent dans mes pâtures?

 

Des études faites en 2006 et 2008 ont permis d'identifier les strongles principaux présents en Bretagne.

Trichostronglyus colubriformis

Teladorsagia circumcincta (connu avant comme 'Ostertagia')

Haemonchus contortus

Il est possible que vous trouviez les larves de ces trois parasites dans vos pâtures. Ils ont besoin des moutons pour compléter leur cycle de vie. Ils vivent sur les pâtures à 80% sur les premiers 5cm d'herbe dans l'humidité. Les problèmes ne se manifeste qu'en cas d'infestation massive . Nous n'allons pas rentrer dans le détail des cycles de vie sauf où cela aide à prendre des décisions - liens utiles en fin d'article.

  1. Haemonchus contortus ne pose pas de problème dans tous les élevages mais il faut être vigilant car ces larves se nourrissent de sang dans la caillette et ils peuvent « saigner » les agneaux et les brebis. Quand on constate des animaux abattus et anémiés (en regardant la couleur des muqueuses de l'oeil - trop blanc) avec , peut-être, un oedème sous la mâchoire (bouteille) il peut s'agir des dégâts de ce strongle. Les femelles adultes peuvent pondre des milliers d'oeufs par jour . C'est de Juin à Septembre qu'il faut être le plus vigilant sur ce strongle ; en particulier quand les températures sont au dessus de 18° , en conditions humides sur des belles pâtures. Si la suspicion se confirme il faut vermifuger.

  2. Trichostronglyus et Teladorsagia sont des strongles qui, en surnombre, vont provoquer des difficultés digestives et des lésions sur les intestins. Ceux-ci vont surtout affecter les agneaux dans leur premier été /automne.

Teladorsagia cause un manque d'appétit et perte de poids.

Trichostronglyus provoque une diarrhée noirâtre surtout en fin d'été /automne.

P1160447

Ces deux strongles sont ingérés en tant que larves par les moutons. Ils se transforment en 15 à 18j en adultes dans les intestins . Les femelles pondent des oeufs qui sont excrétés dans les crottes. Selon la température et l'humidité au sol il peut y avoir des larves infestantes 7 à 10 jours après. Selon l'époque de l'année les strongles peuvent survivre quelques mois sur les pâtures mais on estime qu'environ 75% meurent dans les 3 à 4 semaines sans moutons sur les pâtures. C'est le soleil et le sec qui va les supprimer le plus.

 

 

Si des moutons en bon état sont exposés à de petites infestations répétées ils acquièrent une immunité - il y a un ralentissement du développement des larves et une baisse de ponte des femelles. Cette immunité ne sera jamais très forte avant l'âge de 7 à 9 mois et une brebis ne transmet pas cette immunité à son agneau. L'immunité des brebis est affaiblie environ 2 semaines avant et 8 semaines après la mise bas. Mais un agneau qui tête (dont le mère a bien du lait!) ne va pas manger assez d'herbe pour se contaminer trop.

 

 

Le souci pour un éleveur est de trouver le moyen de maintenir l'immunité des adultes tout en protégeant la croissance des agneaux.(tableau 1)

oeufs strongles

 

Les vermifuges disponibles pour strongles.

L'étude faite en Bretagne a mis en évidence la résistance de larves de strongles à certains vermifuges . Ceci a été constaté partout dans le monde .

Les vermifuges sont de quatre sortes, avec , entre parenthèses, leur couleur, et après, les initiales utilisées dans certains documents .

1. Les Benzimidazoles (blanc) genre: Panacur, Rintal, Multispec, Synanthic,Hapadex etc. BZ action courte

 

2. Le Lévamisole (jaune) LV action très courte

 3. Les Lactones Macrocycliques (transparent) genre: Ivomec , Cydectine, Oramec, etc ML Ces vermifuges ont une action longue .

 4. Amino-acetonitrile derivative (orange limpide) le monepantel, nom commercial Zolvix est le seul nouveau vermifuge depuis 25 ans.AAD action courte

On peut ajouter que pour cibler Haemonchus il y a les Salicylanides : genre Supaverm, Seponver.

 

Les vermifuges qui ont perdu de leur efficacité en Bretagne sont surtout les BZ .Comment s'installe cette résistance ? Le tableau 2 va la résumer:

créations parasites resistants

à retenir : larve sensible = larve qui est supprimée par un vermifuge

larve résistante = larve qui survit au vermifuge et va produire une population de larves résistantes.

 

Pour conserver l'efficacité des vermifuges on préconise de maintenir sur les exploitations ce qu'on appelle le « refugia » c'est à dire des moutons non vermifugés qui vont servir de refuge aux larves sensibles et ainsi « diluer » le nombre de larves résistantes sur les pâtures. Ces idées sont appliquées de plus en plus dans les régions moutonniers ou ils considèrent qu'une brebis en bon état (note corporelle au dessus de 2,5 ) n'a pas besoin de vermifuge. Il faut éviter les situations ou un animal vermifugé peut contaminer des pâtures propres avec les oeufs de larves qui ont survécu au vermifuge.

 

Comment savoir si les vermifuges sont efficace chez soi?

Le moyen de savoir est en faisant des coprologie après le vermifuge . On préleve des crottes et on compte le nombre d'oeufs par gramme de crottes. On peut faire un prélèvement avant le vermifuge puis un deuxième après . Le délai dépend du produit utilisé :

BV= 8 à 10 jours après

LV = 3 à 7 jours après

ML = 14 à 17 jours après

Normalement le Zolvix est efficace .

Si le vermifuge est efficace, il ne devrait pas avoir d'oeufs dans le deuxième prélèvement.

 

 

Aujourd'hui dans les zones moutonnières il y a des élevages où on vermifuge peu ou pas les adultes . Tout dépend du climat et des possibilités de rotation des pâtures. Dans les cas où on doit vermifuger les adultes on préconise 1ou 2 fois maximum par an – au delà on a besoin d'un conseil avisé. Pour les agneaux d'herbe on préconise 2 à 3 fois maximum pour les strongles – et pas trop tôt car l'agneau qui tête, ne mange ,en général, pas assez d'herbe pour se contaminer. On recommande de changer de sorte de vermifuge si on en fait plusieurs la même année pour réduire les larves résistantes ( précédemment on recommandait de changer chaque année)

Dans l'étude du GDS , là où la pluie annuelle dépasse 1000mm (voir carte) les strongles sont plus nombreux . Mais en années plus sèches il y en aura moins.

Ici on n'aborde que les infestations de strongles digestifs . D'autres parasites sont plus ou moins un problème sur adultes en Bretagne mais nécessite des conseils avisés afin de savoir de quoi il s'agit . Pour les agneaux selon les modes d'élevage il y a le tenia (agneaux d'herbe) et le coccidiose (agneaux de bergerie) principalement , mais nous ferons un article sur ces sujets.

pluviometrie annuelle Bretagne 1998-2006

Cet article est en partie basé sur l'étude GDS et largement inspiré du thèse de Isabelle Tanguy (2011)

link http://theses.vet-alfort.fr/telecharger.php?id=1421 à voir pour les photos et compléments d'informations.

Concernant l'évaluation de l'état d'une brebis  voici un lien très utile (NEC = note état corporel dans le jargon moutonnier) link http://www.reconquete-ovine.fr/spip.php?article661


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